Les partitions de disque constituent un aspect courant dans le
domaine de l'informatique personnelle, et ce depuis assez
longtemps. Toutefois, étant donné le nombre de gens
achetant des ordinateurs munis de systèmes d'exploitation
préinstallés, relativement peu de personnes
comprennent la manière dont les partitions fonctionnent. Ce
chapitre tente d'expliquer comment fonctionnent les partitions de
disque de manière à ce que l'installation de Red Hat Linux
vous semble simple.
Si vous êtes relativement familiarisé avec les
partitions de disque, vous pouvez passer à la
la section intitulée Préparation de l'espace nécessaire à Red Hat Linux pour plus d'informations sur le
processus de libération d'espace disque préalable
à l'installation de Red Hat Linux. Cette section présente
également le système de dénomination de
partition utilisé par Linux, le partage d'espace disque avec
d'autres systèmes d'exploitation et autres aspects connexes.
Les disques durs ont une fonction très simple ; ils
permettent de conserver des données et de les
récupérer de façon fiable à la
demande.
Concernant les questions telles que le partitionnement de
disque, il est important de connaître un peu le
matériel utilisé ; malheureusement, on a vite
fait de s'enliser dans les détails. C'est pourquoi nous
avons opté pour un schéma simplifié de
disque dur, qui devrait vous aider à comprendre comment
cela fonctionne. La Figure B-1
illustre un disque dur non encore utilisé.
Figure B-1. Lecteur de disque non utilisé
Il n'y a pas grand-chose à voir, n'est-ce pas ? Mais
si nous parlons de lecteurs de disque à un niveau de
base, c'est différent. Imaginons que nous voulions
stocker des données sur ce lecteur. Dans l'état
actuel des choses, cela ne fonctionnera pas. Il faut commencer
par faire quelque chose …
Les vétérans de l'informatique auront
probablement vite compris. Il faut
formater le lecteur. Le formatage
(habituellement appelé "création d'un
système de fichiers" dans
le jargon Linux) écrit des informations sur le lecteur,
mettant de l'ordre dans l'espace vide d'un lecteur non
formaté.
Figure B-2. Lecteur de disque avec système de fichiers
Comme la Figure B-2
l'indique, l'ordre imposé par un système de
fichiers entraîne un certain nombre de compromis :
Un petit pourcentage de l'espace disponible sur le lecteur
est utilisé pour stocker des données en
rapport avec le système de fichiers et peut
être considéré comme perdu.
Le système de fichiers fractionne l'espace restant
en petits segments de taille constante. Dans l'univers
Linux, ces segments sont appelés
blocs.
[1]
Etant donné que les systèmes de fichiers rendent
possibles des choses telles que les répertoires et les
fichiers, ce type de compromis est généralement
considéré comme un prix modique à payer.
Il faut également noter qu'il n'y a plus de
système de fichiers unique, universel ; comme
l'illustre la
Figure B-3, un lecteur
de disque peut contenir un système de fichiers parmi de
nombreux autres. Comme vous pouvez l'imaginer, les
différents systèmes de fichiers ont tendance
à être incompatibles ; cela signifie qu'un
système d'exploitation prenant en charge un
système de fichiers (ou une poignée de types de
systèmes de fichiers apparentés) ne pourra
peut-être pas en prendre en charge un autre. Cette
affirmation n'est cependant pas une règle absolue. Par
exemple, Red Hat Linux prend en charge un vaste éventail de
systèmes de fichiers (dont beaucoup sont couramment
utilisés par d'autres systèmes d'exploitation),
ce qui facilite l'échange de données.
Figure B-3. Lecteur de disque avec un système de fichiers différent
Naturellement, l'écriture d'un système de
fichiers sur le disque n'est qu'un début. Le but de la
manoeuvre est de stocker et
récupérer réellement
des données. Voyons le lecteur après
écriture de certains fichiers.
Figure B-4. Lecteur de disque sur lequel figurent des données
Comme l'illustre la
Figure B-4, 14 des blocs
précédemment vides contiennent à
présent des données. Il est impossible de
déterminer le nombre de fichiers se trouvant sur cette
unité ; il peut n'y en avoir qu'un seul ou
jusqu'à 14, étant donné que tous les
fichiers utilisent au moins un bloc. Un autre point important
est que les blocs utilisés n'ont pas la forme d'une
zone continue ; les blocs utilisés et
inutilisés peuvent être intercalés. C'est
ce qu'on appelle une fragmentation. La
fragmentation peut jouer un rôle en cas de tentative de
redimensionner une partition existante.
Comme toutes les technologies en rapport avec l'informatique,
les lecteurs de disque n'ont jamais cessé
d'évoluer. Ils ont en particulier évolué
dans le sens d'une augmentation constante de leur taille. Il
ne s'agit pas, en l'occurrence, de leur taille physique, mais
de leur capacité. Et c'est précisément ce
gain de capacité qui a induit une évolution dans
la façon d'utiliser les disques durs.
Face à l'augmentation des capacités des
unités de disque, certains ont commencé à
se demander si le fait de disposer de tout cet espace d'un
seul tenant était une bonne idée. Ce point de
vue était le fruit de plusieurs considérations
tant philosophiques que techniques. Du point de vue
philosophique, il apparaissait qu'au-delà d'une
certaine taille, l'espace supplémentaire offert par un
lecteur de plus grande capacité était
également source de confusion. Sur le plan technique,
certains systèmes de fichiers n'étaient pas
conçus pour prendre en charge des lecteurs d'une telle
capacité ; ou alors, s'ils
pouvaient prendre en charge des
unités de grande taille, la perte d'espace
résultant de la place occupée par
le système de fichiers devenait excessive.
La solution à ce problème consistait à
diviser les disques en partitions.
Chaque partition est accessible comme s'il s'agissait d'un
disque distinct. C'est possible grâce à l'ajout
d'une table des partitions.
Remarque
Si les schémas de ce chapitre montrent la table des
partitions comme étant distincte du lecteur de disque
réel, ce n'est pas rigoureusement exact. En
réalité, la table des partitions est
stockée au tout début du disque, avant le
système de fichiers et les données de
l'utilisateur. C'est par souci de clarté que nous
l'avons séparée du reste de l'unité sur
les schémas.
Figure B-5. Lecteur de disque avec table des partitions
Comme l'indique la Figure B-5, la table des
partitions est divisée en quatre sections. Chacune peut
accueillir les informations nécessaires pour la
définition d'une simple partition, ce qui signifie que
la table des partitions ne peut pas définir plus de
quatre partitions.
Chaque table des partitions contient une série
d'informations sur les caractéristiques importantes de
la partition telles que :
les points du disque où la partition commence et finit ;
le caractère "actif" ou non de la partition ;
le type de partition.
Examinons de plus près chacune de ces
caractéristiques. Les points de début et de fin
de la partition définissent en réalité sa
taille et son emplacement physique sur le disque. La balise
"active" est utilisée par les chargeurs de
démarrage de certains systèmes d'exploitation.
Autrement dit, c'est le système d'exploitation se
trouvant dans la partition balisée comme
"active" qui sera démarré.
La notion de type de partition peut sembler un peu confuse. Le
type est un nombre qui identifie l'utilisation prévue
de la partition. Si cette définition semble un peu
vague, c'est parce que la signification du concept de type de
partition l'est également. Certains systèmes
d'exploitation utilisent le type de partition pour indiquer un
type de système de fichiers spécifique, marquer
la partition comme étant associée à un
système d'exploitation particulier, indiquer que la
partition contient un système d'exploitation
amorçable, voire une combinaison des trois.
Tableau B-1 contient la liste de
quelques types de partitions, avec les valeurs
numériques qui y sont associées.
Tableau B-1. Types de partition
Type de partition
Valeur
Type de partition
Valeur
Vide
00
Novell Netware 386
65
DOS 12-bit FAT
01
PIC/IX
75
XENIX root
02
Old MINIX
80
XENIX usr
03
Linux/MINUX
81
DOS 16-bit <=32M
04
Swap Linux
82
Etendue
05
Linux Native
83
DOS 16-bit >=32
06
Linux étendue
85
OS/2 HPFS
07
Amoeba
93
AIX
08
Amoeba BBT
94
AIX amorçable
09
BSD/386
a5
OS/2 Boot Manager
0a
OpenBSD
a6
Win95 FAT32
0b
NEXTSTEP
a7
Win95 FAT32 (LBA)
0c
BSDI fs
b7
Win95 FAT16 (LBA)
0e
BSDI swap
b8
Win95 étendue (LBA)
0f
Syrinx
c7
Venix 80286
40
CP/M
db
Novell?
51
DOS access
e1
Microport
52
DOS R/O
e3
GNU HURD
63
DOS secondaire
f2
Novell Netware 286
64
BBT
ff
Maintenant, vous vous demandez peut-être comment toute
cette complexité supplémentaire est normalement
utilisée. Voir la
Figure B-6 pour un exemple.
Figure B-6. Lecteur de disque avec partition unique
C'est exact ; très souvent, il n'y a qu'une seule
partition occupant tout le disque, qui rappelle les disques
pré-partitionnés d'autrefois. La table des
partitions n'utilise qu'une seule entrée pointant sur
le début de la partition.
Nous avons classé cette partition parmi celles de type
"DOS". Comme le montre la
Tableau B-1, bien qu'un peu simpliste,
cette qualification est adéquate dans le cadre de cette
présentation. Il s'agit d'un système de
partition typique de la plupart des ordinateurs
commercialisés avec une version de Windows
préinstallée.
Naturellement, avec le temps, il est devenu évident que
quatre partitions ne suffiraient pas. Etant donné
l'augmentation de la capacité des unités de
disque, il devenait possible de configurer quatre partitions
de taille raisonnable tout en conservant de l'espace disque.
Il fallait trouver un moyen de créer plus de
partitions.
Partition étendue. Comme indiqué dans la
Tableau B-1, il existe un type de
partition "Etendue" ; ce type de partition est
au coeur des partitions étendues. Voici comment il
fonctionne.
Lorsqu'une partition est créée et que son type
est paramétré sur "Etendue", une table
des partitions étendue est créée.
Essentiellement, la partition étendue est comparable
à un lecteur de disque à part
entière ; elle comprend une table des partitions
qui pointe sur une ou plusieurs partitions (désormais
appelées partitions logiques,
par opposition aux quatre partitions
primaires) entièrement contenues dans la
partition étendue elle-même. La
Figure B-7 montre un lecteur
de disque avec une partition primaire et une partition
étendue contenant deux partitions logiques (de
même qu'une certaine quantité d'espace disque non
partitionné).
Figure B-7. Lecteur de disque avec partition étendue
Comme le montre cette figure, il y a une différence
entre une partition primaire et une partition logique ;
il ne peut y avoir que quatre partitions primaires, mais le
nombre de partitions logiques est illimité (toutefois,
en réalité, il n'est pas conseillé de
définir et d'utiliser plus de 12 partitions logiques
sur un seul lecteur de disque).
A présent que nous avons présenté les
partitions en général, voyons comment utiliser ces
connaissances pour installer Red Hat Linux.
Si vous tentez de repartitionner un disque dur, vous pouvez
être confronté au trois scénarios
suivants :
De l'espace libre non partitionné est disponible.
Une partition non utilisée est disponible.
De l'espace libre est disponible dans une partition utilisée.
Examinons, dans l'ordre, chacun des scénarios.
Remarque
N'oubliez pas que les illustrations suivantes,
simplifiées par souci de clarté, ne
reflètent pas rigoureusement le système de
partitionnement que vous rencontrerez lors de l'installation
réelle de Red Hat Linux.
Dans cette situation, les partitions déjà
définies ne s'étendent pas sur tout le disque
dur, laissant non attribué l'espace qui ne fait pas
partie d'une partition définie. La Figure B-8 montre à
quoi cela pourrait ressembler.
Figure B-8. Lecteur de disque avec de l'espace disque non partitionné
A y bien regarder, un disque dur non utilisé
s'inscrit également dans cette
catégorie ; la seule différence est que
tout l'espace disque ne fait pas partie
d'une partition définie.
Dans tous les cas, vous pouvez simplement créer les
partitions nécessaires à partir de l'espace
inutilisé. Malheureusement, ce scénario, bien
que très simple, est peu probable (à moins que
vous n'ayez acheté un disque spécialement pour
Red Hat Linux).
Dans ce cas, il se peut que vous n'utilisiez plus une ou
plusieurs partitions. Peut-être avez-vous
utilisé un autre système d'exploitation par le
passé, et n'avez-vous plus jamais utilisé la
(les) partition(s) dédiée(s) à ce
système. La
Figure B-9 illustre cette
situation.
Figure B-9. Lecteur de disque avec une partition inutilisée
Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez
utiliser l'espace alloué à la partition
inutilisée. Vous devez tout d'abord supprimer la
partition, puis créer la (les) partition(s) Linux
appropriée(s) à sa place. Vous pouvez soit
supprimer la partition à l'aide de la commande DOS
fdisk, soit procéder à une
installation personnalisée de manière à
ce que le système vous offre la possibilité de
le faire.
Il s'agit de la situation la plus courante. Il s'agit aussi,
malheureusement, de la plus complexe. Le principal
problème est que, même si vous avez
suffisamment d'espace libre, il est actuellement
alloué à une partition en cours d'utilisation.
Si vous avez acheté un ordinateur avec un logiciel
préinstallé, le disque dur a très
probablement une partition importante contenant le
système d'exploitation et les données.
Outre l'ajout d'un nouveau disque dur au système,
vous avez deux possibilités :
Repartitionnement destructeur
Cela revient à supprimer la grande partition
unique et à en créer plusieurs de plus
petite taille. Comme vous pouvez l'imaginer, toutes
les données de la partition d'origine seront
supprimées. Ceci signifie que
l'exécution d'une sauvegarde complète
est nécessaire. Dans votre propre
intérêt, effectuez deux sauvegardes,
utilisez la fonction de vérification (si votre
logiciel de sauvegarde en dispose), puis essayez de
lire les données de la sauvegarde
avant de supprimer la partition.
Notez que si un système d'exploitation est
installé sur cette partition, vous devrez
également le réinstaller.
Après avoir créé une partition
plus petite, pour le logiciel existant, vous pouvez
réinstaller des logiciels, restaurer des
données et poursuivre l'installation de Red Hat Linux.
La Figure B-10
illustre cette procédure.
Figure B-10. Lecteur de disque en cours de repartitionnement destructeur
Comme l'illustre la
Figure B-10,
toutes les données présentes dans la
partition d'origine seront perdues à
défaut de sauvegarde appropriée !
Repartitionnement non destructeur
Vous exécutez ici un programme qui accomplit
apparemment l'impossible : il
rétrécit une grande partition sans
perdre aucun des fichiers qui y sont stockés.
De nombreuses personnes ont jugé cette
méthode à la fois fiable et sûre.
Quel logiciel utiliser pour réaliser cet
exploit ? Il existe plusieurs logiciels de
gestion de disque sur le marché ; vous
devrez effectuer des recherches pour trouver celui
correspondant le mieux à votre situation.
Si le processus de repartitionnement non destructeur
est assez simple, il comporte plusieurs
étapes :
Comme l'illustre la
Figure B-11, la
première étape consiste à comprimer
les données dans la partition existante. Cela
permet de réorganiser les données de
façon à disposer d'un maximum d'espace libre
disponible à la "fin" de la partition.
Figure B-11. Compression du disque
Cette étape est essentielle ; sans elle, il
est possible que l'emplacement occupé par les
données empêche le redimensionnement de la
partition à la taille désirée. En
outre, il est impossible de déplacer certaines
données. Dans cette hypothèse (et ceci
limite la taille des nouvelles partitions), vous risquez
d'être forcé à repartitionner votre
disque de façon destructive.
Figure B-12 montre le
processus de redimensionnement réel. Si le
résultat final de l'opération de
redimensionnement varie en fonction du logiciel
utilisé, le plus souvent, l'espace disque
libéré est utilisé pour créer
une partition non formatée du même type que
la partition d'origine.
Figure B-12. Lecteur de disque avec partition redimensionnée
Il est important de comprendre ce que le logiciel de
redimensionnement utilisé fait de l'espace
libéré, de manière à pouvoir
prendre les mesures appropriées. Dans le cas que
nous avons illustré, il serait
préférable de supprimer simplement la
nouvelle partition DOS et de créer la (les)
partition(s) Linux appropriée(s).
Comme l'impliquait l'étape
précédente, il peut être ou non
nécessaire de créer de nouvelles partitions.
Toutefois, à moins que votre logiciel de
redimensionnement ne tienne compte de Linux, vous devrez
probablement supprimer la partition créée
durant le processus de redimensionnement.
Figure B-13 illustre cette
procédure.
Figure B-13. Lecteur de disque avec configuration de partition finale
Intel
Les informations suivantes sont spécifiques aux
ordinateurs utilisant un processeur Intel.
Afin de simplifier cette étape pour nos clients,
nous fournissons l'utilitaire fips
.
Il s'agit d'un programme gratuit permettant de
redimensionner les partitions de la FAT (File Allocation
Table, table d'allocation des fichiers). Il figure sur le
CD-ROM Red Hat Linux/Intel, dans le répertoire
dosutils.
Remarque
De nombreuses personnes ont utilisé
fips avec succès pour
repartitionner leurs disques durs. Toutefois, en raison
de la nature des opérations effectuées par
fips et du vaste éventail de
configurations matérielles et logicielles avec
lesquelles ce programme est appelé à
fonctionner, Red Hat n'est pas en mesure de garantir que
fips fonctionnera correctement sur
votre système. C'est pourquoi aucun support
d'installation n'est disponible pour
fips ; vous l'utiliserez
à vos risques et périls.
Ceci dit, si vous décidez de repartitionner votre
disque dur à l'aide de fips,
vous devez absolument faire les deux
choses suivantes :
Sauvegarde -- Réalisez deux copies de toutes
les données importantes figurant sur votre
ordinateur. Stockez ces copies sur des supports
amovibles (tels qu'une bande ou des disquettes) et
assurez-vous que les données
sauvegardées sont accessibles avant de
poursuivre.
Lecture de la documentation -- Lisez
entièrement la documentation de
fips figurant dans le
sous-répertoire
/dosutils/fipsdocs du CD-ROM
Red Hat Linux/Intel 1.
Si vous décidez d'utiliser fips,
sachez qu'après l'exécution de
fips, vous vous retrouverez avec
deux partitions : celle que vous
aurez redimensionnée et celle créée
par fips à partir de l'espace
libéré. Si vous avez l'intention d'utiliser
cet espace pour installer Red Hat Linux, supprimez la nouvelle
partition créée, soit à l'aide de la
commande fdisk sous votre
système d'exploitation actuel, soit lors de la
configuration des partitions pendant une installation
personnalisée.
Linux fait référence aux partitions de disque
à l'aide d'une combinaison de lettres et de chiffres
qui peut sembler peu claire, en particulier si vous êtes
accoutumé à appeler "lecteur C" le
disque dur et ses partitions. Voici comment les partitions
sont nommées dans l'environnement DOS/Windows :
Chaque type de partition est vérifié pour déterminer s'il peut être lu par DOS/Windows.
Si le type de partition est compatible, le système
lui attribue une "lettre d'unité". La
première lettre d'unité est "C".
Cette lettre peut être utilisée pour
désigner cette partition de même que le
système de fichiers figurant dans cette partition.
Red Hat Linux utilise un système de dénomination plus
flexible, fournissant plus d'informations que l'approche
adoptée par d'autres systèmes d'exploitation. Le
système de dénomination est basé sur les
fichiers, avec des noms de fichier présentant la
forme :
/dev/xxyN
Voici comment déchiffrer le système de
dénomination de partition :
/dev/
Cette chaîne est le nom du répertoire dans
lequel se trouvent tous les fichiers de
périphérique. Etant donné que les
partitions se trouvent sur des disques durs et que
ceux-ci sont des périphériques, les
fichiers représentant toutes les partitions
possibles se trouvent dans /dev/.
xx
Les deux premières lettres du nom de partition
indiquent le type de périphérique sur
lequel se trouve la partition. Vous voyez normalement
hd (pour les disques IDE) ou
sd (pour les disques SCSI).
y
Cette lettre indique le périphérique sur
lequel se trouve la partition. Par exemple,
/dev/hda (premier disque dur IDE)
ou /dev/sdb (second disque SCSI).
N
Le nombre final désigne la partition. Les quatre
premières partitions (primaires ou
étendues) sont numérotées de
1 à 4.
La numérotation des partitions logiques commence
à 5. Par exemple,
/dev/hda3 désigne la
troisième partition primaire ou étendue du
premier disque dur IDE ;
/dev/sdb6 désigne la seconde
partition logique du second disque dur SCSI.
Remarque
Aucune partie de cette convention de dénomination
n'est basée sur le type de partition ; à
la différence de DOS/Windows, sous Red Hat Linux,
toutes les partitions peuvent
être identifiées. Ceci ne signifie
évidemment pas que Red Hat Linux peut accéder aux
données de chaque type de partition, même si,
dans bien des cas, il est possible d'accéder aux
données figurant sur une partition
dédiée à un autre système
d'exploitation.
Gardez ces informations à l'esprit ; elles vous
aideront à comprendre le processus de configuration des
partitions requises par Red Hat Linux.
Si vos partitions Red Hat Linux doivent partager un disque dur avec
des partitions utilisées par d'autres systèmes
d'exploitation, vous n'aurez généralement pas de
problèmes. Toutefois, certaines combinaisons de Linux
et d'autres systèmes d'exploitation requièrent
une attention particulière. Des informations sur la
création de partitions de disque compatibles avec
d'autres systèmes d'exploitation sont disponibles dans
plusieurs HOWTO et Mini-HOWTO figurant sur le CD-ROM Red Hat Linux,
dans les répertoires doc/HOWTO et
doc/HOWTO/mini . En particulier, les
Mini-HOWTO dont les noms débutent par
Linux+ sont très utiles.
Intel
Si Red Hat Linux/Intel doit coexister sur votre ordinateur avec OS/2
,
créez vos partitions de disque avec le logiciel
de partitionnement d'OS/2 ; sinon, OS/2 risque de
ne pas reconnaître les partitions de disque.
Durant l'installation, ne créez pas de nouvelles
partitions, mais définissez les types de
partition appropriés pour vos partitions Linux
à l'aide de la commande fdisk
de Linux.
Un aspect que de nombreux débutants dans l'utilisation
de Linux trouvent confus est la manière dont les
partitions sont utilisées par le système
d'exploitation Linux. Sous DOS/Windows, c'est relativement
simple : si vous avez plusieurs partitions, une
"lettre de lecteur" est attribuée à
chaque partition. Vous utilisez alors la lettre du lecteur
pour faire référence aux fichiers et
répertoires figurant sur une partition donnée.
Ce traitement diffère totalement de celui que Red Hat Linux
réserve aux partitions et, à cet égard,
du stockage sur disque en général. La principale
différence est que chaque partition est utilisée
pour participer au stockage nécessaire à la
prise en charge d'un simple jeu de fichiers et de
répertoires. Pour ce faire, vous associez une partition
à un répertoire dans le cadre d'un processus
appelé montage. Le montage d'une
partition rend son contenu disponible à
partir d'un répertoire spécifié
(appelé point de montage).
Par exemple, si une partition /dev/hda5
était montée sur /usr, cela
signifierait que tous les fichiers et répertoires sous
/usr se trouveraient physiquement sur
/dev/hda5. Ainsi le fichier
/usr/doc/FAQ/txt/Linux-FAQ serait
stocké sur /dev/hda5, tandis que
le fichier /etc/X11/gdm/Sessions/Gnome ne
le serait pas.
Si nous poursuivons avec notre exemple, il est
également possible qu'un ou plusieurs
répertoires sous /usr soient des
points de montage pour d'autres partitions. Par exemple, une
partition (disons /dev/hda7) pourrait
être montée sur /usr/local,
ce qui signifie que, par exemple,
/usr/local/man/whatis se trouverait alors
sur /dev/hda7 plutôt que sur
/dev/hda5.
A ce stade du processus de préparation de
l'installation de Red Hat Linux, vous devez tenir compte du nombre et
de la taille des partitions que doit utiliser le nouveau
système d'exploitation. La question du "nombre de
partitions" continue à susciter le débat au
sein de la communauté des utilisateurs de Linux et,
à défaut d'entrevoir la fin du débat, il
est prudent de dire qu'il y a probablement autant de
systèmes de partitionnement que de personnes
débattant de la question.
Cela dit, nous vous conseillons, à moins que vous
n'ayez de bonnes raisons de procéder autrement, de
créer les partitions suivantes :
Une partition swap
-- les partitions swap sont utilisées pour la prise
en charge de la mémoire virtuelle. Autrement dit,
les données sont écrites dans la partition
swap lorsqu'il n'y a pas de RAM pour accueillir les
données que votre système traite. Si votre
ordinateur a 16 Mo de RAM ou moins, vous
devez créer une partition
swap. Même si votre ordinateur dispose d'une
mémoire vive plus importante, nous vous conseillons
de créer une partition swap. La taille minimale de
la partition swap doit être égale à la
mémoire vive de votre ordinateur ou à 16 Mo
si vous avez moins de 16 Mo de RAM.
Intel
La partition suivante est spécifique aux
installations Red Hat Linux/Intel.
Une partition /boot
-- La partition montée sur
/boot contient le noyau du
système d'exploitation (qui permet au
système de démarrer Red Hat Linux), de même
que quelques autres fichiers utilisés durant le
processus de chargement. En raison des limitations
liées à la plupart des BIOS des PC, nous
vous conseillons de créer une partition de petite
taille pour conserver ces fichiers. La taille de cette
partition ne devrait pas excéder 16 Mo.
La partition suivante est spécifique aux
installations Red Hat Linux/Alpha.
Une partition MILO
-- Les propriétaires d'ordinateurs Alpha qui
comptent utiliser MILO pour démarrer leur
système devraient créer une partition DOS
de 2 Mo où copier MILO une fois l'installation
terminée. Nous vous conseillons d'utiliser
/dos comme point de montage.
Une partition root (/)
-- La partition root se trouve là où
/ (le répertoire root)
réside. Dans ce type de partitionnement, tous les
fichiers (à l'exception de ceux stockés dans
/boot) se trouvent sur la partition
root. C'est pourquoi vous avez intérêt
à choisir une partition root de grande taille. Une
partition root de 600 Mo permet d'effectuer
l'équivalent d'une installation de la classe Poste
de travail (avec très peu
d'espace libre), alors qu'une partition root de 1,5 Go
permet d'installer tous les paquetages.
LILO (LInux LOader) est la méthode la plus couramment
utilisée pour démarrer Red Hat Linux sur les
systèmes équipés d'un processeur Intel.
Chargeur du système d'exploitation, LILO opère
"en dehors" de tout système d'exploitation, en
utilisant uniquement le système E/S de base (ou BIOS)
intégré dans le matériel de l'ordinateur
lui-même. Cette section décrit les interactions de
LILO avec le BIOS du PC. Elle est spécifique aux
ordinateurs compatibles Intel.
LILO est soumis à certaines limitations
imposées par le BIOS de la plupart des ordinateurs
équipés d'un processeur Intel. En particulier,
la plupart des BIOS ne peuvent pas accéder à
plus de deux disques durs, ni à des données
stockées au-delà du cylindre 1023 de n'importe
quel lecteur. Certains BIOS récents ne connaissent
pas ces limitations, mais ils ne sont pas majoritaires.
Toutes les données auxquelles LILO doit pouvoir
accéder au démarrage (notamment le noyau
Linux) sont situées dans le répertoire
/boot. Si vous vous conformez au
système de partitionnement préconisé
ci-dessus ou si vous procédez à une
installation de classe Poste de travail ou Serveur, le
répertoire
/boot se trouvera dans une petite
partition séparée. Sinon, il se trouvera dans
la partition root. Dans les deux cas, la partition dans
laquelle /boot se trouve doit
être conforme aux instructions suivantes si vous
voulez utiliser LILO pour démarrer votre
système Red Hat Linux :
Sur les deux premiers lecteurs IDE
Si vous avez deux lecteurs IDE (ou EIDE),
/boot doit figurer sur l'un
d'eux. Cette limite de deux lecteurs englobe
également tous les lecteurs de CD-ROM IDE du
contrôleur IDE principal. Ainsi, si vous avez un
disque dur IDE et un lecteur de CD-ROM IDE sur le
contrôleur principal, /boot
doit être situé
uniquement sur le premier disque
dur, même si vous avez d'autres disques durs sur
votre contrôleur IDE secondaire.
Sur le premier lecteur IDE ou SCSI
Si vous avez un lecteur IDE (ou EIDE) et un ou
plusieurs lecteurs SCSI, /boot
doit être situé sur le lecteur IDE ou sur
le lecteur SCSI dont l'ID est 0. Aucun autre ID SCSI
ne fonctionnera.
Sur les deux premiers lecteurs SCSI
Si vous n'avez que des disques durs SCSI,
/boot doit être
situé sur un lecteur dont l'ID est 0 ou 1.
Aucun autre ID SCSI ne fonctionnera.
Partitionnement entièrement
avant le cylindre 1023
Quelle que soit la configuration, la partition
contenant /boot doit être
entièrement située avant le cylindre
1023. Si la partition contenant
/boot chevauche le cylindre 1023,
vous risquez de vous trouver dans une situation
où LILO fonctionnera initialement (parce que
toutes les informations nécessaires figureront
avant le cylindre 1023), mais connaîtra une
défaillance si un nouveau noyau doit être
chargé, car celui-ci sera enregistré
après le cylindre 1023.
Comme indiqué plus haut, il se peut que certains BIOS
récents permettent à LILO de fonctionner avec
des configurations non conformes à ces instructions.
De même, certaines fonctions plus complexes de LILO
peuvent être utilisées pour faire
démarrer un système Linux, même si la
configuration n'est pas conforme à ces instructions.
Toutefois, en raison du nombre de facteurs, Red Hat ne peut
pas prendre en charge un effort aussi considérable.
Remarque
Disk Druid, de même que les installations des
classes Poste de travail et Serveur, tient compte de ces
limitations liées au BIOS.
Les blocs sont
dimensionnés de façon uniforme,
contrairement à ce que semblent indiquer nos
illustrations. Songez également qu'une
unité de disque moyenne contient des
milliers de blocs. Toutefois, dans le cadre de
cette présentation, il est
préférable de ne pas prêter
attention à ces détails.